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mercredi 26 mars 2014

Vendre des CD's ou de l'utilité du CD...

Cette réflexion est partie de l'article suivant:


...qui évoque le constat que le Japon est toujours fortement attaché aux CD.

L'une des raisons qui justifie cela est la FanAttitude, et le fort marketing mis en avant pour les groupes, ou même les artistes en général dans les pays asiatiques.

Grâce à mon sujet de mémoire, j'ai pu étudier de façon minutieuse les relations entre les fans et les artistes, et il est vrai que l'attachement entre les deux permet de conserver une dynamique économique viable.

Prenons un exemple: en Corée du Sud, un groupe comme les Super Junior, dont la composition varie de 15 à 11 membres selon les sous-unités mises en avant, arrive à créer une véritable synergie avec les fans, nommés "E.L.F" (pour "EverLasting Friends" soit "Amis Eternels")


Les membres sont nombreux, ce qui permet aux fans de trouver plus facilement un "favori", et d'avoir envie d'en découvrir plus, que ce soit sur le "favori" ou sur le groupe, la manière dont il s'est composé, dont ils ont travaillé et travaillent aujourd'hui, ainsi que leurs relations/amitiés.

Au passage, chaque membre peut avoir des activités en plus du groupe; ainsi, non seulement ils sont chanteurs/danseurs, mais certains sont animateurs pour des émissions TV et/ou radios, d'autres sont acteurs, d'autres encore jouent dans des comédies musicales.

Pour toutes ces activités, ils se présentent donc par leur prénom puis le traditionnel "du groupe Super Junior".

Cette stratégie d'occupation de l'espace public fait en sorte qu'entre deux albums, le groupe continue à faire parler de lui, tout en permettant aux individualités de se détacher et de s'épanouir, en trouvant leurs propres fans sans pour autant nuire au groupe.

Au contraire, cela apporte un nouveau regard sur le groupe, et lui donne une plus large visibilité.

Les fans ainsi attachés au groupe et à leur favori sont déjà plus enclins à acheter un album, sans oublier que les fameux albums en question peuvent être adaptés à chaque membre; ainsi selon le membre du groupe que l'on préfère, nous pouvons choisir une jaquette où l'heureux élu apparaît en avant.

D'autres goodies peuvent également être proposés, comme un remerciement aux fans, tels que des invitations, des codes promotionnels, des avantages pour les concerts, ou des objets mettant en avant le statut spécial de cette personne achetant le CD (badges, bracelets, tour de cou...).

Les fans ont donc des raisons d'acheter les albums, en plus de la musique de qualité, et cela permet de maintenir une économie du disque physique, pourtant fragilisée par l'apparition du numérique.

En France au final, on voit très peu ce genre de communication/marketing.

La plupart des artistes se reposent principalement sur les réseaux sociaux, sans réellement rentrer "dans la maison" à travers un support plus physique tel que le CD.

Sans oublier qu'ici, un artiste ne peut pas être polyvalent; si c'est un chanteur, il doit rester chanteur, si c'est un danseur il doit rester danseur, si c'est un acteur il doit rester acteur. Un chanteur qui danse sans faire parti d'une comédie musicale sera sous-évalué, voire rabaissé, parce qu'un chanteur tel qu'on le voit en France se doit de travailler uniquement le chant, sans ajouter d'artifices.

Les personnalités, beaucoup plus individualistes, coopèrent peu ensemble, et s'en retrouvent fragilisées. Il est difficile pour un artiste seul d'occuper autant l'espace que 11 personnes différentes qui travaillent à la réussite d'un groupe.

Pour autant, il apparaît évident que cette stratégie fonctionne principalement pour les groupes; néanmoins, rien d'impossible pour les artistes solo.
Ici on pourra par exemple citer Mylène Farmer, qui a pris le contre-pieds en mettant en place une stratégie d'absence, qui se repose beaucoup sur le fantasme et l'inaccessible mais qui bénéficie d'une solide base de fans.



Le problème selon moi, c'est sans doute le manque de personnalités fortes aujourd'hui dans notre pays. On voit peu d'artistes réellement capable de rassembler le public, de toucher les gens, de se rendre accessible et proche tout en étant éloigné et inaccessible.

Car le marketing dans les pays comme la Corée du Sud ou le Japon servent bien à ce but précis: mettre en avant des personnalités à travers des valeurs qui puissent fédérer les gens de manière à ce qu'ils soient suffisamment attachés et concernés pour participer à la réussite de l'artiste ou du groupe.

Pour cela, bien entendu, ce qui acquiert les faveurs du public c'est bien évidement la mise en avant de la liberté, de la générosité, du sacrifice, du dévouement, et de la passion qui doit forcer respect et admiration.

Peut-être cela, la clé de la réussite pour vendre des CDs?


mercredi 17 juillet 2013

Controverse & Droit de réponse via Youtube

J'ai la chance de posséder sur facebook de nombreux amis Etats-Uniens ou Anglophone, que j'ai rencontré lors de mon expérience à Gobelins, l'Ecole de l'Image, à Paris.

Et aujourd'hui, c'est à travers le statut de l'un d'entre eux que je suis tombée sur un article traitant d'un récent "scandale", aux Etats-Unis, suscité par une publicité de Cheerios qui met en scène une famille composée d'une mère blanche, d'un père noir, et d'une petite fille métisse.

Les relents racistes sont apparemment encore bien ancré aux Etats-Unis, et la publicité, mise en ligne sur Youtube, a été l'objet de vives critiques et commentaires racistes.

Outre la politique et le débat du racisme, je vais plutôt m'attarder à la réaction de Cheerios, qui a pour moi été excellente.

En effet, cela relève presque de la communication de crise: une vidéo promotionnelle fait le buzz dans le "mauvais sens", alors comment rectifier les choses, tout restant politiquement correct sans encourager le racisme?

C'est une question des plus délicates à traiter. Et Cheerios a eu la position idéale, à savoir s'éloigner et laisser parler les seules personnes dont la vérité est "innocente", les enfants.

Ils ont donc mis en place la vidéo suivante (tout en anglais):


Dans un premier temps, la publicité est montrée aux enfants, tout en s'assurant qu'ils aient compris le sens du message passé. Puis, on les informe des mauvaises réactions suscitées par cette vidéo.

Et là, première réaction de la plupart des enfants: "why?" Pourquoi cette vidéo a-t-elle donné lieu à un débat, et à une controverse?

Cette mise en avant des réactions enfantines est une excellente manière de répondre au débat; on ne fait pas venir de grands philosophes, des politiciens, ou des prix nobels de la paix.
On donne simplement la parole à des enfants de tous horizons, et on leur pose innocemment la question, sans les influencer.

C'est certainement là que l'on peut le plus sentir l'idiotie du débat posé. Pour eux, cela n'a même pas lieu d'être, ca ne leur vient pas à l'idée de lancer une telle polémique sur une publicité.

Au final, plus que le débat, c'est bien la manière d'avoir répondu qui a attiré mon attention, qui était à la fois subtile, intelligente, et adapté à la situation.

mercredi 26 juin 2013

Espagne - Affiches évolutives

Il n'y a pas si longtemps, Le Point a publié un article des plus intéressant sur la maltraitance infantile, en prenant l'exemple d'une campagne Espagnole.
 
 L'idée est que l'affiche se modifie selon la taille de la personne la visualisant. Ainsi un adulte d'1m75 ne verra rien de particulier, tandis qu'un enfant, de moins d'1m35, verra l'image d'un autre enfant blessé ainsi qu'un numéro de téléphone où obtenir de l'aide.




 Cette campagne est très intéressante, dans la technique mais également dans le sujet choisi. Il faut bien comprendre qu'à la base, cela permet de toucher les enfants battus lorsqu'ils sont dans les rues, c'est-à-dire avec de fortes probabilités qu'il soient accompagné de la personne qui le maltraite. 

Mais comme le relève l'article, cela peut aussi amener de la confusion, notamment pour l'enfant, qui au final ne voit pas du tout ce que voit l'adulte. Ne serait-ce que pour les enfants n'étant pas concernés par la maltraitance, mais qui demanderaient des explications à leurs parents, quel dialogue peut-il y avoir, quand les adultes ne sont même pas conscients de ce que voient leurs enfants? 

Par ailleurs, comme le reprend l'article, les enfants de moins 1m35 pouvant voir l'affiche sont généralement en dessous de 10 ans. Quelles capacités ont-ils exactement pour comprendre ce message à eux tout seul?
Toutefois, il ne faut pas oublier également que les enfants parlent entre eux, et c'est certainement le point clé de cette campagne. En effet, un enfant qui voit cette campagne et ne réussit pas à en parler avec l'adulte l'accompagnant, aura peut-être plus de facilité à l'évoquer avec un autre enfant, qui à son tour pourra peut-être remonter une information capitale à un adulte de son entourage, dans une sorte de réseau.

C'est une question réellement intéressante. Le procédé technique n'est évidemment pas nouveau (rappelez vous ces images qui "s'animent", dans vos boîtes de céréales, suivant comment vous les bougez), mais il demande un certain budget. 
Le sujet est quant à lui délicat, principalement car cela touche des enfants, par définition des êtres fragiles, sans défenses, soumis à la force de personnes censées les protéger et les aimer. 

Bref, au final une campagne intelligente bien qu'elle comporte quelques points faibles, notamment au niveau de la réception du message, mais bonne à garder en tête, en adaptant peut-être pour d'autres messages.

dimanche 2 juin 2013

Smart Marketing - QR Code en Corée du Sud

Je viens de tomber sur cette vidéo, et je trouve cela très intéressant, d'où cet article.

Afin de ré-contextualiser un peu le cadre de cette vidéo, il est utile de savoir qu'elle se déroule en Corée du Sud, pour la très connue chaîne de supermarché Emart.
Dans ce pays, la publicité est omniprésente, et il est très difficile de se différencier de ses concurrents ou de proposer des choses qui sortent de l'ordinaire.

C'est pourquoi Emart a mis en place des QR codes géants pour permettre à ses clients d'obtenir des promotions, mais uniquement entre 12h et 13h.

En effet, leur problématique concernait le taux de fréquentation de leurs supermarché entre 12h et 13h qui chutait tous les jours. Cette solution a donc été testé et étendue suite à son succès.

Je vous laisse découvrir par vous même grâce à cette vidéo l'originalité de cette opération Street Marketing:




P.S.: la vidéo est en anglais, mais cela reste simple à comprendre pour les moins initiés ;)

vendredi 18 janvier 2013

Smart Marketing

C'est intéressant, car pour des raisons qui me sont propres, je "suis" actuellement le twitter de Benjamin Ebel, http://twitter.com/Benjaminebel , qui est un producteur/manager allemand.

Il a récemment posté, le 16 janvier dernier, l'image suivante:

"15 chances de changer un ennemi en ami"

Cela m'a fait interpellée, car les communiquants ont ici transformé la valeur des chewing-gums; la valeur sémantique a régulièrement glissé depuis la création de ces pâtes à mâcher.

A une époque, le chewing-gum servait à faire des bulles (oui, souvenez-vous de votre enfance/jeunesse, quand les chewing-gum étaient bleus/rose et faisaient des grosses bulles qui éclataient et nous recouvraient le visage!), puis nous sommes passés au chewing-gum qui a une utilité, qui est sain, en complément du brossage régulier des dents (le sourire freedent en pleine santé, blanc, et avec une bonne haleine). 

Et aujourd'hui, le glissement sémantique se poursuit avec la transformation du chewing-gum en véritable créateur de lien social, en drapeau blanc de l'armistice, qui réconcilie et renoue les relations interpersonnelles. 

Et c'est vrai que lors de mes cours, nous avons nous-même utilisé ce genre de technique de "smart marketing" dans des études de cas. 
Ce qui est intéressant dans cette technique, selon moi, c'est principalement le fait de prendre le public par surprise, de l'étonner

L'étonnement est ce qui permet au consommateur de se souvenir de manière positive ; en effet, ce sera un souvenir agréable,  qu'il prendra même peut-être plaisir à raconter à son entourage. 

Pour exemple, un ami à moi a croisé place de la Victoire, à Bordeaux, il y a quelques années, des personnes habillées de manière un peu particulière pour les nouveaux services d'une célèbre entreprise au logo jaune. Ces personnes proposaient gratuitement une photo avec les passants, qu'ils imprimaient et offraient sur place. 
Bien sûr, ces photos étaient aux couleurs de la société, et affichaient clairement le nouveau service en question qui était proposé.

Croyez-le ou non, mais cette photo repose encore aujourd'hui sur le meuble de la télévision de mon ami. Pourquoi
Car c'était drôle, inattendu, et puis c'était une photo de lui! Autant de bonnes raisons de garder ce souvenir, et de le laisser à la vue de ses invités et des personnes qui passent dans son salon.  Parfois, cette photo devient même vecteur de conversations, en évoquant le souvenir lorsque les invités interrogent leur hôte quant à l'origine de cet improbable photo.

Le fait qu'il y ait le logo de l'entreprise, et que ce soit un dérivé de publicité, presque une publicité subliminale, ne le dérange absolument pas. Pourtant, même inconsciemment, cela lui donne une bonne image de la marque. 

Ce qui est également intéressant dans cette petite histoire, est le fait que ce genre de street marketing n'a pourtant pas fait spécialement l'objet de marketing viral associé. 
Or aujourd'hui, de nombreuses marques parient énormément sur le marketing viral, en oubliant parfois que les gens ont tout de même besoin d'une partie de "vrai", de "réel". 

Ainsi une vidéo de marketing viral, même si elle est diffusée à un réseau d'ami/de connaissance, reste quelque part assez abstraite. Cela ne nous est pas arrivé, et ce n'est pas arrivé à nos connaissances, donc la tendance de relativiser, et de classer cela dans le "faux" est tentante
Sur le moment, on en rit, quelques instant plus tard, on oublie

Et là est toute la difficulté. Au final, ce qui aura plus d'impact, est de faire une action de street marketing surprenante (du type de ces chewing-gum ou de la photo), et d'attendre que ce soit le public qui la véhicule sur les réseaux sociaux, afin de donner à l'action une dimension "réelle", et surtout, du crédit

Bien sûr, l'entreprise a alors moins de contrôle, il est plus difficile de cerner les périodes de diffusions ou les cercles de diffusions. 
Mais n'est-ce pas également cela, le charme du smart marketing? Un virus se propageant de manière fulgurante, et quelque peu instable dans la société. 

A conseiller, mais uniquement à ceux qui l'osent.